Mais où est l’astronaute?

By Guy Belleville | October, 29, 2014 | 0 comments

Étant enfant, je me laissais souvent aller à la rêverie de devenir astronaute lors du visionnement du décollage des fusées Saturne à la télévision.Le but inavoué de ces rêves était d’aller découvrir des mondes inexplorés, remplis de mystères et de créatures toutes plus étranges les unes que les autres. Évidemment, je ne suis jamais devenu astronaute mais, bien plus tard, j’ai pu réaliser mon rêve de découverte de grands espaces par le biais de la plongée sous-marine.
La démarche pour ce projet est similaire aux précédents. À la base, je n’ai pas de corpus précis. C’est au retour d’un voyage de plongée à San Andres que je remarque que certaines photos prises lors d’une plongée de nuit, offrent des similitudes troublantes avec l’espace stellaire. C’est alors que je me mets à juxtaposer des photos pour tenter de tisser un lien entre elles, d’établir un dialogue entre les différentes images d’une même série et ainsi, créer une histoire à chaque séquence. Les images prises une à une sont anodines mais elles prendront une autre dimension lors de l’assemblage. Le résultat laisse entendre un nouveau monde, à la fois fictif et réel, et suggère un récit de voyage, une aventure cosmique. Le fait d’isoler des éléments, de les sortir de leur contexte réel, permet la mise et scène d’une histoire fictive qui peut se rapprocher de l’exploration spatiale. L’agencement et la sélection des images produisent un nouvel espace et le résultat est saisissant. Le changement de contexte y est surprenant et la similitude entre l’exploration spatiale et la plongée est frappante. Chaque image de cette nouvelle réalité appartient a un double univers; celui du réel et celui des perceptions visuelles. Parfois il s’y dégage une impression d’incertitude et de danger, voire même d’intrigue. Tout ce qui importe, c’est que le lien soit suffisamment puissant pour qu’une histoire se forge et qu’il y ait assez de souplesse pour que le spectateur puisse y faire sa propre interprétation, sa mise en scène personnelle. Tout au long du processus, je conserve le même format qui est de 14 pouces par 34 pouces pour offrir au visiteur un cadre de lecture au rythme régulier.
Par cette démarche, j’espère transporter le spectateur dans un autre univers. Ce que je vois n’est pas nécessairement ce qu’il percevra au travers de son regard, mais j’espère qu’il y trouvera une part de plaisir à regarder et à créer sa propre conquête de l’espace, son propre univers.

 

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